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GARBELLE ad: Laptop Sleeve – Minimalist Model - 13 pouces – avant 2016

Laptop Sleeve – Minimalist Model - 13 pouces – avant 2016
6
GARBELLE

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Launched Jun 12, 2026Run time unknown

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Laptop Sleeve – Minimalist Model - 13 pouces – avant 2016

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Chapitre 1 L'accord Katia Je me suis réveillée au son de gens qui chantaient faux. — Joyeux anniversaire... J’ai cligné des yeux, la lumière du soleil filtrait à travers les rideaux, et mon cerveau avait du mal à redémarrer. Les voix devenaient plus fortes, et pendant une seconde, j’ai cru que je rêvais. Un rêve vraiment bizarre, tout faux. — Joyeux anniversaire, Katia... La porte de ma chambre s’est ouverte en grand. Je me suis redressée si vite que la couverture s’est emmêlée autour de mes jambes comme un piège. Ma vue s’est ajustée juste à temps pour voir une petite procession entrer dans la pièce : Delia en tête avec un cupcake sur un plateau, mon père derrière elle, téléphone levé comme s’il filmait une vidéo d’otage, et puis, ma mère, qui souriait. J’ai failli m’étouffer : ma mère ne m’a jamais souri. — Joyeux anniversaire, mon cœur, dit-elle ; sa voix était douce et artificielle, comme si elle l’avait parfumée avant de la laisser sortir. Je la fixai comme si une deuxième tête lui avait poussé. Parce que voilà : Martha ne fêtait pas les anniversaires. Pas les miens, en tout cas. Delia, si. Thèmes princesse, ballons, robes neuves, et un chœur de parents qui faisaient semblant de s’aimer. Moi, j’avais les silences gênés et des cartes achetées à la station-service à la dernière minute. Une fois, j’ai eu un aspirateur. J’avais douze ans. Alors ça ? Ça sentait le piège. — Euh... merci ? bégayai-je d’une voix rauque, méfiante. Delia posa le plateau sur mes genoux comme une offrande de paix. — C’est moi qui ai fait le cupcake, dit-elle d’une voix mielleuse, ce qui voulait dire que la femme de ménage l’avait sans doute fait pendant que Delia supervisait un verre de vin à la main. Je baissai les yeux. Vanille, glaçage blanc, et une bougie esseulée plantée au milieu comme une fusée de détresse. — Souffle, dit gaiement mon père, mais ses yeux faisaient ce truc qu’ils font quand il est nerveux : ils furetaient partout comme s’ils cherchaient une sortie. Je plissai les yeux. — D’accord, sérieux. Qu’est-ce qui se passe ? Ma mère eut un petit rire, comme si j’étais ridicule d’avoir les bons instincts. Elle s’assit au bord du lit, lissant la couette comme si elle l’avait déjà touchée. — Tu as vingt ans maintenant, dit-elle doucement. C’est un âge très important. — Cool, dis-je, pas impressionnée. Je dois me préparer à un séminaire fiscal ou quoi ? Delia gloussa. Papa toussa. Ma mère continua, imperturbable. — Tu es une femme maintenant, Katia. Et ton père et moi avons quelque chose de très excitant et très important à te dire. Voilà. Le dard dans le glaçage. Le piège sous le ruban. Je me redressai un peu plus. — D’accord... Elle me regarda comme si elle s’apprêtait à me poser un diadème sur la tête. — Tu as été choisie pour épouser Julian Windsor. La pièce n’a pas sombré dans le silence ; elle a sonné creux. Pendant une seconde, je n’ai même pas réussi à traiter les mots. Je l’ai fixée, attendant la chute, une équipe de tournage, n’importe quoi. — Qui ? demandai-je, alors que j’avais très bien entendu. — Julian Windsor, répéta-t-elle comme si l’idiote, c’était moi. L’héritier Windsor. Leur famille s’intéresse à une alliance depuis des années. Tu as été fiancée à seize ans. — Quoi ?! — On ne voulait pas te submerger à l’époque, dit penaud mon père. — À l’époque ? Tu veux dire quand j’avais seize ans ?! Le sourire de ma mère ne vacilla pas. — C’était un mariage stratégique. Sa famille est très discrète. Très puissante. C’est une bonne chose, Katia. Tu as une chance incroyable. Chanceuse ? Comme si c’était un lot. Comme si j’étais censée sauter de joie parce que j’étais le ticket d’or d’une loterie de reproduction de milliardaires. — Je ne l’ai même jamais rencontré, dis-je, toujours en train d’essayer d’encaisser l’horreur décontractée qu’elle venait de me lâcher comme un sujet de brunch. — Delia non plus, répondit-elle avec aisance. Mais si les choses avaient été différentes, c’est elle qui l’aurait épousé. Tu devrais être reconnaissante que ce soit toi. — Waouh, marmonnai-je. Que c’est généreux de ta part, Mère. Delia s’adossa au montant du lit, enroulant une mèche autour de son doigt. — Il paraît qu’il est vraiment très beau. Et riche. Genre... riche riche. Les Windsor possèdent, genre, tout. Des casinos. Du pétrole. Peut-être un vaisseau spatial ? Je n’en sais rien. Ils sont ultra secrets. — Génial, lâchai-je sèchement. Donc j’épouse un fantôme de gosse de riche, et tu sais ça comment ? Les yeux de ma mère se durcirent, juste une seconde. — Ne fais pas ta comédie, dit-elle. Il est bien réel. Et ils t’ont choisie. Ça devrait vouloir dire quelque chose. — Non, dis-je. Ce qui veut dire quelque chose, c’est que vous avez attendu quatre ans pour me dire que j’étais promise à un parfait inconnu, comme dans une vente aux enchères médiévale. — On s’est dit qu’on attendrait que les Windsor nous contactent, dit mon père en s’éclaircissant la voix. Et... c’est fait. Je le fixai. — Tu veux dire que c’est pour maintenant ? — Ils ont prévu une rencontre dans quelques semaines, dit ma mère. Il y aura un dîner. Des formalités. Vous ferez connaissance avant que les fiançailles soient rendues publiques. Publiques ? Bien sûr. Parce que ce n’était pas une relation. C’était un communiqué de presse en attente de publication. — Je n’arrive pas à y croire, dis-je d’une voix plate. Vous ne m’avez même pas demandé mon avis. — On ne demande pas pour des opportunités comme celle-là, dit fermement ma mère. On les accepte. Voilà son vrai ton. Le masque glissait. Ce n’était plus la mère souriante avec un cupcake. C’était la PDG de cette famille, et moi, une acquisition ratée qu’on forçait à fusionner. Je sortis du lit et repoussai le plateau de mes genoux. Le cupcake bascula, la bougie étalant du glaçage sur la couverture comme une couche de mensonges blancs. — J’ai besoin de prendre l’air, dis-je. Ma mère se leva. — Katia, ne sois pas ridicule— — Non. J’ai besoin de réfléchir. Je vais à Vegas. Ça la prit de court. — Vegas ? — Juste un week-end, mentis-je. Pour me vider la tête. Vous voulez que j’épouse un inconnu ? Très bien. Mais laissez-moi d’abord un moment de liberté. Elle avait l’air prête à répliquer, mais mon père posa la main sur son bras. — Laisse-la partir. Elle se ravisera. Je vis la guerre silencieuse se jouer sur son visage. Au final, le contrôle a gagné. Parce qu’elle pensait l’avoir déjà en poche. — Très bien, dit-elle, avec ce sourire atroce qui revenait. Va. Prends du temps. Mais n’oublie pas ce qui t’attend à ton retour. Je n’ai pas répondu. Je faisais déjà ma valise à la seconde où la porte s’est refermée. Ils croyaient me laisser de l’espace. Ce qu’ils ne savaient pas, c’est que je n’allais pas à Vegas pour prendre l’air. J’y allais pour la vitesse. Chapitre 2 La Pilote et la cerise sautée ~Katia~ La chaleur de Vegas m’a frappée comme une vague dès que j’ai posé le pied hors du jet privé. La piste ondulait sous le soleil de fin d’après-midi. J’ai plissé les yeux derrière mes lunettes, déjà à moitié attentive aux pings des mises à jour sur mon téléphone jetable chiffré pour les courses. Six heures avant le départ, et mon cœur battait la chamade. Mais je n’étais pas nerveuse. J’avais faim. La Rolls Royce Ghost noire qui m’attendait devant le hangar n’était pas discrète, mais rien dans ce voyage ne devait l’être. Mon équipe m’a accueillie comme une PDG débarquant pour une OPA hostile. Je n’ai rien dit ; ils savaient pourquoi j’étais là. Cette course clandestine, ce n’était pas une embrouille de coin de rue. C’était l’élite de l’élite, invitations fermées, accès chiffré, et assez de voitures de luxe pour faire passer une grille de Formule 1 pour un parc d’occasions. Ils l’organisaient sur un ancien aérodrome désaffecté à la sortie de la ville. Vu du ciel, ça avait l’air abandonné. Vu du sol ? Un colisée néon, vibrant de bruit, de chaleur et de fric. Ma voiture était déjà là. Une Aston Martin Valkyrie AMR Pro bleu nuit, personnalisée jusqu’au dernier boulon. Le moteur ronronnait comme un lion en cage. J’ai passé la main sur le capot, laissant la vibration remonter dans mon bras. Cette machine était faite pour gagner. Comme moi. Je me suis changée au fond de la remorque, j’ai enfilé ma combinaison noire mate, moulante, faite de matériaux qui valent plus cher que la maison de certains. Le casque était tout noir, avec juste une fente de visière rouge vif. Pas besoin que les gens voient mon visage. Ils ne le méritaient pas. Quand j’ai mis le pied sur le tarmac, l’endroit était vivant. Des centaines de personnes longeaient les barrières, des gosses de riches en plein fantasme Fast & Furious, des pilotes aguerris qui avaient misés de l’argent qu’ils n’avaient pas. Les flashes crépitaient, des basses cognaient depuis des enceintes grosses comme des camions. Des drones bourdonnaient au-dessus, captant chaque mouvement. Mais tout le monde s’est retourné quand quelqu’un est arrivé. Je parie que c’était le fameux Jules. McLaren Sabre argent. Finitions chromées, ailerons noirs. Le son du moteur était si grave qu’il alourdissait l’air. Il en est sorti comme un fantôme d’acier. Son casque reflétait le mien, sans visage, illisible. Il ne m’a pas regardée, pas directement, mais j’ai senti son attention comme de l’électricité statique sur ma peau. Tout le monde connaissait Jules, mais personne ne savait qui il était, ni à quoi il ressemblait. Il n’avait jamais perdu. Pas une seule fois. Pas en trois ans. Son nom était synonyme de trouille sur la piste. Pas seulement parce qu’il était rapide. Mais parce qu’il donnait l’impression aux autres d’être à l’arrêt. Je n’étais pas venue à Vegas pour des vacances. J’étais venue pour mettre fin à sa série. La voix du speaker a résonné dans les haut-parleurs. — Mesdames et messieurs... voilà celle que vous attendiez. La Reine du Strip contre le Roi Fantôme. Catwoman. Jules. Une course, un vainqueur. La foule a hurlé. Les caméras ont fouetté l’air entre nous. Je suis montée dans ma voiture et je me suis sanglée, laissant le silence du cockpit m’engloutir. Mes mains ont glissé sur le volant comme si je touchais quelque chose de sacré. Le monde dehors n’existait plus. Il n’y avait plus que la route, le moteur et la ligne d’arrivée. Les feux sont passés au rouge. Puis au jaune. Puis au vert, et je me suis élancée. La force G m’a cueillie comme un coup de poing en plein torse. Ma vision s’est rétrécie quand j’ai pris le premier virage, les pneus hurlant sur l’asphalte. Il était là, toujours là, comme une ombre collée à mon rétro. Chaque virage, il répondait. Chaque accélération, il suivait. Mais je l’avais étudié. Je savais comment il prenait ses courbes. Je savais où il hésitait d’une milliseconde. Et ce soir, je ne faisais pas que courir ; j’attaquais. On a avalé le premier tour en moins d’une minute. Le deuxième s’est fondu dans les flammes au bord de piste, l’odeur de gomme brûlée et le vacarme assourdissant des chants. Mon pouls s’est calé sur le grondement de mon moteur. Au troisième tour, j’ai tenté. Il est parti à gauche, j’ai coupé à l’intérieur et cessé le vibreur, frôlant la barrière à quelques centimètres. La voiture a tremblé. Mes dents ont claqué. Mais j’ai pris l’avantage. La foule a explosé. La dernière ligne droite, c’était le chaos — cous tendus, paris hurlés, des gens en train de filmer l’Histoire avec des mains qui tremblaient. J’ai gardé le pied au plancher. Pas de peur. Pas de pitié. La ligne d’arrivée m’a foncé dessus. Je l’ai franchie la première. Avec 0,7 seconde d’avance. J’ai planté les freins et fait glisser la voiture en demi-drift avant qu’elle ne s’immobilise. Mon souffle venait par saccades, et pendant une seconde, je n’ai pas bougé. J’ai laissé l’info s’imprimer. Je venais de battre Jules. La grande légende invaincue. Et je l’avais fait chez lui. Je suis sortie lentement. Les caméras ont afflué. Les fans ont hurlé. Mais je n’ai pas enlevé mon casque. J’ai levé une main gantée vers la foule et je me suis éloignée. Il m’a regardée. Il a levé deux doigts contre son casque et m’a saluée d’un geste lent, presque amusé. Puis il a tourné les talons et s’est fondu dans la foule. Il avait disparu quand j’ai voulu le revoir. Pas de confrontation. Pas de poignée de main. Classique, mais je m’en fichais. J’avais fait ce que personne d’autre n’avait pu faire. Et j’avais besoin d’un verre. Le bar était planqué dans le genre d’hôtel de luxe que seul le vieil argent peut se payer — marbre au sol, ascenseurs en verre, cocktails plus chers qu’une paire de pompes. Je me suis assise à la table du coin, en petite robe noire. Mes fringues de route et le casque verrouillés dans la voiture, les yeux planqués derrière des lunettes de créateur. J’ai commandé un truc costaud, peu importe quoi. À la moitié de mon deuxième verre, ils se sont pointés — deux types. Vingt-cinq, vingt-huit ans, costumes défaits, confiance poussée à fond. Riches, clairement. L’un avait un sourire en coin sombre qui collait mal à sa détente apparente. L’autre, le genre qui n’a pas besoin d’essayer pour être charmant ; ça arrive tout seul. — On peut s’asseoir ? J’ai haussé les épaules. — C’est Vegas, non ? Ils se sont glissés dans la banquette et ont commencé à parler. Je n’écoutais pas les mots. J’avais juste besoin de bruit. Un truc pour noyer mes pensées. On a bu. Plus que de raison. Je n’ai pas demandé de prénoms. Eux non plus. Entre un fou rire et le sol qui commençait à tanguer, j’ai senti une main frôler la mienne. Chaude. Douce. Pas pressée. Juste là. Je ne l’ai pas retirée. Au contraire, j’ai attrapé sa main et je l’ai emmené sur la piste. On a dansé, mais je ne sais pas ce qui m’a pris ; peut-être l’alcool, mais je me collais à lui. Peut-être le fameux — ce qui se passe à Vegas reste à Vegas. Il était dur, je me suis retournée et je lui ai ri au nez. — Des ennuis, a-t-il soufflé en m’attrapant la main pour m’entraîner dehors. On est montés sur le toit, un hélico nous attendait. Il m’a fait monter. Le pilote n’a même pas levé les yeux. L’homme m’a embrassée ; j’ai commencé par lui enlever sa chemise. Il m’a regardée comme s’il me plaignait. Mais je continuais à me frotter à sa partie sensible pendant qu’on s’embrassait. — Je crois que mon pote a mis quelque chose dans nos verres ; j’ai juste envie là, tout de suite. — Faisons-le. Je n’en revenais pas d’entendre ma propre voix, mais je voulais qu’il me prenne. Il se glisse sur moi, cale son genou pour m’écarter les jambes, et sa main remonte ma cuisse, passe sur le tissu fin comme du papier de ma robe noire. Je me tortille sous lui, ça semble l’encourager, et je sens sa dureté heurter mon bassin. Son souffle chaud trace une ligne le long de mon cou. — Je veux être doux, mais je n’y arrive pas. Le truc est trop fort, chuchote-t-il. — Ne t'arrête pas, je t’en prie, ai-je supplié. — J'y suis presque ; tu me rends tellement dur, princesse, dit-il. On est arrivés à un hôtel ; il me tenait comme un trophée. — On se marie ? a-t-il demandé, et j’ai hoché la tête. On a acheté une bague pour homme. — Et la mienne ? ai-je demandé, et il a ri. — Dans ma chambre d’hôtel. La tienne est spéciale, dit-il, et un homme est arrivé avec des papiers et on a tous les deux signé. Je ne sais pas ce que je signais, j’ai juste signé. Chapitre 3 Je vais jouir en toi ~Katia~ — Tu sais comme j’ai dû me retenir ? Je ne répondis pas. Mon esprit était encore embrumé par tout ce qui venait de se passer. Je ressentais une étrange tension dans tout mon corps. Il me porta dans ses bras, comme une mariée, et me conduisit à sa chambre d’hôtel. — Maintenant, je peux enfin être avec toi comme je le veux, parce que tu es ma femme, princesse. La chambre était sombre. Je ressentais mille choses à la fois ; je doutais même de me souvenir de mon prénom à ce stade. Il me déposa sur le lit. Son doigt glissa sur mes lèvres avant que sa bouche ne frôle mon cou. Je frissonnai. Mon esprit oscillait entre trouble, émotion et confusion. — J’adore ton corps, ma femme. Il remonta légèrement ma robe. — Je n’arrivais plus à attendre de t’avoir près de moi. Depuis l’hélico, je ne pense qu’à ça. Je veux que tu t’en souviennes. Ses paroles me traversèrent de part en part. Je sentis la chaleur envahir mon visage. — Tu es magnifique. Je n’eus pas le temps de répondre. Tout semblait aller trop vite. Les battements de mon cœur résonnaient dans mes oreilles tandis qu’il continuait de me couvrir d’attention. — Regarde-moi, ma femme. J’essayai de parler, mais aucun mot ne vint. Le temps semblait se déformer autour de nous. Je me sentais étourdie, emportée dans un tourbillon de sensations et d’émotions contradictoires. Il retira ma robe, puis se débarrassa de ses propres vêtements. Lorsqu’il se rapprocha davantage, je retins mon souffle. Mon esprit se dispersa un instant tandis qu’il m’attirait contre lui. — Tellement parfaite, murmura-t-il. Il continua de me serrer contre lui, multipliant les gestes tendres et possessifs. Peu à peu, la confusion laissa place à une étrange sensation de sécurité. Puis il me redressa contre lui. Je m’accrochai à ses épaules tandis qu’il me maintenait près de lui. Tout semblait irréel, comme un rêve dont je n’arrivais plus à distinguer les contours. — Je vais prendre soin de toi, princesse. Sa voix était basse, presque rassurante. La nuit s’étira sans que je sois capable de mesurer le temps. Les heures s'effacèrent dans un mélange de fatigue, d’émotions et de proximité. Lorsque le sommeil finit par nous emporter, je ne savais même plus à quel moment cela était arrivé. Le matin me frappa avec un soleil cruel et un mal de tête insupportable. Je me réveillai dans une chambre que je ne reconnaissais pas. La pièce respirait le luxe et portait encore les traces d’une nuit agitée. Une odeur de parfum coûteux flottait dans l’air. Ma tête battait. Mon corps me faisait mal. J’étais nue sous les draps, emmêlée dedans comme si j’y avais été abandonnée. À côté de moi, un homme dormait. Un inconnu. La panique me saisit immédiatement. Je n’arrivais même pas à le regarder. Je ne voulais pas. Je ne voulais pas associer un visage à cette nuit dont je ne gardais presque aucun souvenir. Je me redressai trop vite et une douleur traversa le bas de mon corps. Je retins un souffle et resserrai les draps autour de moi. Tout était endolori. Mes jambes semblaient lourdes et douloureuses. Je cherchai ma robe du regard. Elle gisait sur le sol, froissée et imprégnée de fumée. Je l’enfilai en grimaçant à chaque mouvement. Mes talons reposaient près de la porte. J’avançai vers eux lentement, comme si je réapprenais à marcher. Qu’est-ce qui s’est passé hier soir ? Je me souvenais de la course. De la victoire. Du rugissement de la foule. Je me souvenais être allée boire un verre pour fêter ça. Puis un autre. Et encore un autre. Deux hommes étaient venus me parler. Leurs visages étaient flous. Après cela ? Le néant. Quelques éclats de rire. Peut-être une partie de billard. Peut-être de la tequila. Puis plus rien. Seulement les douleurs. Seulement cet inconnu. Seulement cette chambre inconnue. Je récupérai mon sac près du canapé et quittai la pièce sans me retourner. Je ne voulais pas le réveiller. Je ne voulais pas l’entendre parler. Je ne voulais pas savoir qui il était. Je rejoignis ma voiture et retournai à mon hôtel comme un fantôme. Une fois dans ma suite, je me précipitai sous la douche. L’eau chaude coula sur ma peau, mais elle ne parvenait pas à effacer le malaise qui me collait à la peau. Ma poitrine était serrée. Mes yeux brûlaient. Puis quelque chose de froid heurta ma joue. Je baissai les yeux vers ma main gauche. Mon souffle se coupa. Une bague. Je portais une bague. Ce n’était pas un simple bijou. Elle brillait. Elle semblait précieuse. Importante. Définitive. — C’est quoi ce délire ? murmurai-je. Je sortis précipitamment de la douche. Mes mains tremblaient tandis que j’examinais l’anneau. Il avait l’air authentique. Très cher. Beaucoup trop cher. Mais je ne me souvenais de rien. Ni d’une demande. Ni d’une cérémonie. Ni même d’un échange de vœux. J’enfilai des vêtements à la hâte et quittai ma chambre pour retrouver cet homme. N’importe quel indice aurait fait l’affaire. Mais je ne me rappelais rien. Aucun nom. Aucun visage. Aucune chambre. Même si je le croisais dans le hall, je serais incapable de le reconnaître. — Bordel..., murmurai-je en me tenant la tempe. Je ne me souvenais de rien.

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Chapitre 1 L'accord Katia Je me suis réveillée au son de gens qui chantaient faux. — Joyeux anniversaire... J’ai cligné des yeux, la lumière du soleil filtrait à travers les rideaux, et mon cerveau avait du mal à redémarrer. Les voix devenaient plus fortes, et pendant une seconde, j’ai cru que je rêvais. Un rêve vraiment bizarre, tout faux. — Joyeux anniversaire, Katia... La porte de ma chambre s’est ouverte en grand. Je me suis redressée si vite que la couverture s’est emmêlée autour de mes jambes comme un piège. Ma vue s’est ajustée juste à temps pour voir une petite procession entrer dans la pièce : Delia en tête avec un cupcake sur un plateau, mon père derrière elle, téléphone levé comme s’il filmait une vidéo d’otage, et puis, ma mère, qui souriait. J’ai failli m’étouffer : ma mère ne m’a jamais souri. — Joyeux anniversaire, mon cœur, dit-elle ; sa voix était douce et artificielle, comme si elle l’avait parfumée avant de la laisser sortir. Je la fixai comme si une deuxième tête lui avait poussé. Parce que voilà : Martha ne fêtait pas les anniversaires. Pas les miens, en tout cas. Delia, si. Thèmes princesse, ballons, robes neuves, et un chœur de parents qui faisaient semblant de s’aimer. Moi, j’avais les silences gênés et des cartes achetées à la station-service à la dernière minute. Une fois, j’ai eu un aspirateur. J’avais douze ans. Alors ça ? Ça sentait le piège. — Euh... merci ? bégayai-je d’une voix rauque, méfiante. Delia posa le plateau sur mes genoux comme une offrande de paix. — C’est moi qui ai fait le cupcake, dit-elle d’une voix mielleuse, ce qui voulait dire que la femme de ménage l’avait sans doute fait pendant que Delia supervisait un verre de vin à la main. Je baissai les yeux. Vanille, glaçage blanc, et une bougie esseulée plantée au milieu comme une fusée de détresse. — Souffle, dit gaiement mon père, mais ses yeux faisaient ce truc qu’ils font quand il est nerveux : ils furetaient partout comme s’ils cherchaient une sortie. Je plissai les yeux. — D’accord, sérieux. Qu’est-ce qui se passe ? Ma mère eut un petit rire, comme si j’étais ridicule d’avoir les bons instincts. Elle s’assit au bord du lit, lissant la couette comme si elle l’avait déjà touchée. — Tu as vingt ans maintenant, dit-elle doucement. C’est un âge très important. — Cool, dis-je, pas impressionnée. Je dois me préparer à un séminaire fiscal ou quoi ? Delia gloussa. Papa toussa. Ma mère continua, imperturbable. — Tu es une femme maintenant, Katia. Et ton père et moi avons quelque chose de très excitant et très important à te dire. Voilà. Le dard dans le glaçage. Le piège sous le ruban. Je me redressai un peu plus. — D’accord... Elle me regarda comme si elle s’apprêtait à me poser un diadème sur la tête. — Tu as été choisie pour épouser Julian Windsor. La pièce n’a pas sombré dans le silence ; elle a sonné creux. Pendant une seconde, je n’ai même pas réussi à traiter les mots. Je l’ai fixée, attendant la chute, une équipe de tournage, n’importe quoi. — Qui ? demandai-je, alors que j’avais très bien entendu. — Julian Windsor, répéta-t-elle comme si l’idiote, c’était moi. L’héritier Windsor. Leur famille s’intéresse à une alliance depuis des années. Tu as été fiancée à seize ans. — Quoi ?! — On ne voulait pas te submerger à l’époque, dit penaud mon père. — À l’époque ? Tu veux dire quand j’avais seize ans ?! Le sourire de ma mère ne vacilla pas. — C’était un mariage stratégique. Sa famille est très discrète. Très puissante. C’est une bonne chose, Katia. Tu as une chance incroyable. Chanceuse ? Comme si c’était un lot. Comme si j’étais censée sauter de joie parce que j’étais le ticket d’or d’une loterie de reproduction de milliardaires. — Je ne l’ai même jamais rencontré, dis-je, toujours en train d’essayer d’encaisser l’horreur décontractée qu’elle venait de me lâcher comme un sujet de brunch. — Delia non plus, répondit-elle avec aisance. Mais si les choses avaient été différentes, c’est elle qui l’aurait épousé. Tu devrais être reconnaissante que ce soit toi. — Waouh, marmonnai-je. Que c’est généreux de ta part, Mère. Delia s’adossa au montant du lit, enroulant une mèche autour de son doigt. — Il paraît qu’il est vraiment très beau. Et riche. Genre... riche riche. Les Windsor possèdent, genre, tout. Des casinos. Du pétrole. Peut-être un vaisseau spatial ? Je n’en sais rien. Ils sont ultra secrets. — Génial, lâchai-je sèchement. Donc j’épouse un fantôme de gosse de riche, et tu sais ça comment ? Les yeux de ma mère se durcirent, juste une seconde. — Ne fais pas ta comédie, dit-elle. Il est bien réel. Et ils t’ont choisie. Ça devrait vouloir dire quelque chose. — Non, dis-je. Ce qui veut dire quelque chose, c’est que vous avez attendu quatre ans pour me dire que j’étais promise à un parfait inconnu, comme dans une vente aux enchères médiévale. — On s’est dit qu’on attendrait que les Windsor nous contactent, dit mon père en s’éclaircissant la voix. Et... c’est fait. Je le fixai. — Tu veux dire que c’est pour maintenant ? — Ils ont prévu une rencontre dans quelques semaines, dit ma mère. Il y aura un dîner. Des formalités. Vous ferez connaissance avant que les fiançailles soient rendues publiques. Publiques ? Bien sûr. Parce que ce n’était pas une relation. C’était un communiqué de presse en attente de publication. — Je n’arrive pas à y croire, dis-je d’une voix plate. Vous ne m’avez même pas demandé mon avis. — On ne demande pas pour des opportunités comme celle-là, dit fermement ma mère. On les accepte. Voilà son vrai ton. Le masque glissait. Ce n’était plus la mère souriante avec un cupcake. C’était la PDG de cette famille, et moi, une acquisition ratée qu’on forçait à fusionner. Je sortis du lit et repoussai le plateau de mes genoux. Le cupcake bascula, la bougie étalant du glaçage sur la couverture comme une couche de mensonges blancs. — J’ai besoin de prendre l’air, dis-je. Ma mère se leva. — Katia, ne sois pas ridicule— — Non. J’ai besoin de réfléchir. Je vais à Vegas. Ça la prit de court. — Vegas ? — Juste un week-end, mentis-je. Pour me vider la tête. Vous voulez que j’épouse un inconnu ? Très bien. Mais laissez-moi d’abord un moment de liberté. Elle avait l’air prête à répliquer, mais mon père posa la main sur son bras. — Laisse-la partir. Elle se ravisera. Je vis la guerre silencieuse se jouer sur son visage. Au final, le contrôle a gagné. Parce qu’elle pensait l’avoir déjà en poche. — Très bien, dit-elle, avec ce sourire atroce qui revenait. Va. Prends du temps. Mais n’oublie pas ce qui t’attend à ton retour. Je n’ai pas répondu. Je faisais déjà ma valise à la seconde où la porte s’est refermée. Ils croyaient me laisser de l’espace. Ce qu’ils ne savaient pas, c’est que je n’allais pas à Vegas pour prendre l’air. J’y allais pour la vitesse. Chapitre 2 La Pilote et la cerise sautée ~Katia~ La chaleur de Vegas m’a frappée comme une vague dès que j’ai posé le pied hors du jet privé. La piste ondulait sous le soleil de fin d’après-midi. J’ai plissé les yeux derrière mes lunettes, déjà à moitié attentive aux pings des mises à jour sur mon téléphone jetable chiffré pour les courses. Six heures avant le départ, et mon cœur battait la chamade. Mais je n’étais pas nerveuse. J’avais faim. La Rolls Royce Ghost noire qui m’attendait devant le hangar n’était pas discrète, mais rien dans ce voyage ne devait l’être. Mon équipe m’a accueillie comme une PDG débarquant pour une OPA hostile. Je n’ai rien dit ; ils savaient pourquoi j’étais là. Cette course clandestine, ce n’était pas une embrouille de coin de rue. C’était l’élite de l’élite, invitations fermées, accès chiffré, et assez de voitures de luxe pour faire passer une grille de Formule 1 pour un parc d’occasions. Ils l’organisaient sur un ancien aérodrome désaffecté à la sortie de la ville. Vu du ciel, ça avait l’air abandonné. Vu du sol ? Un colisée néon, vibrant de bruit, de chaleur et de fric. Ma voiture était déjà là. Une Aston Martin Valkyrie AMR Pro bleu nuit, personnalisée jusqu’au dernier boulon. Le moteur ronronnait comme un lion en cage. J’ai passé la main sur le capot, laissant la vibration remonter dans mon bras. Cette machine était faite pour gagner. Comme moi. Je me suis changée au fond de la remorque, j’ai enfilé ma combinaison noire mate, moulante, faite de matériaux qui valent plus cher que la maison de certains. Le casque était tout noir, avec juste une fente de visière rouge vif. Pas besoin que les gens voient mon visage. Ils ne le méritaient pas. Quand j’ai mis le pied sur le tarmac, l’endroit était vivant. Des centaines de personnes longeaient les barrières, des gosses de riches en plein fantasme Fast & Furious, des pilotes aguerris qui avaient misés de l’argent qu’ils n’avaient pas. Les flashes crépitaient, des basses cognaient depuis des enceintes grosses comme des camions. Des drones bourdonnaient au-dessus, captant chaque mouvement. Mais tout le monde s’est retourné quand quelqu’un est arrivé. Je parie que c’était le fameux Jules. McLaren Sabre argent. Finitions chromées, ailerons noirs. Le son du moteur était si grave qu’il alourdissait l’air. Il en est sorti comme un fantôme d’acier. Son casque reflétait le mien, sans visage, illisible. Il ne m’a pas regardée, pas directement, mais j’ai senti son attention comme de l’électricité statique sur ma peau. Tout le monde connaissait Jules, mais personne ne savait qui il était, ni à quoi il ressemblait. Il n’avait jamais perdu. Pas une seule fois. Pas en trois ans. Son nom était synonyme de trouille sur la piste. Pas seulement parce qu’il était rapide. Mais parce qu’il donnait l’impression aux autres d’être à l’arrêt. Je n’étais pas venue à Vegas pour des vacances. J’étais venue pour mettre fin à sa série. La voix du speaker a résonné dans les haut-parleurs. — Mesdames et messieurs... voilà celle que vous attendiez. La Reine du Strip contre le Roi Fantôme. Catwoman. Jules. Une course, un vainqueur. La foule a hurlé. Les caméras ont fouetté l’air entre nous. Je suis montée dans ma voiture et je me suis sanglée, laissant le silence du cockpit m’engloutir. Mes mains ont glissé sur le volant comme si je touchais quelque chose de sacré. Le monde dehors n’existait plus. Il n’y avait plus que la route, le moteur et la ligne d’arrivée. Les feux sont passés au rouge. Puis au jaune. Puis au vert, et je me suis élancée. La force G m’a cueillie comme un coup de poing en plein torse. Ma vision s’est rétrécie quand j’ai pris le premier virage, les pneus hurlant sur l’asphalte. Il était là, toujours là, comme une ombre collée à mon rétro. Chaque virage, il répondait. Chaque accélération, il suivait. Mais je l’avais étudié. Je savais comment il prenait ses courbes. Je savais où il hésitait d’une milliseconde. Et ce soir, je ne faisais pas que courir ; j’attaquais. On a avalé le premier tour en moins d’une minute. Le deuxième s’est fondu dans les flammes au bord de piste, l’odeur de gomme brûlée et le vacarme assourdissant des chants. Mon pouls s’est calé sur le grondement de mon moteur. Au troisième tour, j’ai tenté. Il est parti à gauche, j’ai coupé à l’intérieur et cessé le vibreur, frôlant la barrière à quelques centimètres. La voiture a tremblé. Mes dents ont claqué. Mais j’ai pris l’avantage. La foule a explosé. La dernière ligne droite, c’était le chaos — cous tendus, paris hurlés, des gens en train de filmer l’Histoire avec des mains qui tremblaient. J’ai gardé le pied au plancher. Pas de peur. Pas de pitié. La ligne d’arrivée m’a foncé dessus. Je l’ai franchie la première. Avec 0,7 seconde d’avance. J’ai planté les freins et fait glisser la voiture en demi-drift avant qu’elle ne s’immobilise. Mon souffle venait par saccades, et pendant une seconde, je n’ai pas bougé. J’ai laissé l’info s’imprimer. Je venais de battre Jules. La grande légende invaincue. Et je l’avais fait chez lui. Je suis sortie lentement. Les caméras ont afflué. Les fans ont hurlé. Mais je n’ai pas enlevé mon casque. J’ai levé une main gantée vers la foule et je me suis éloignée. Il m’a regardée. Il a levé deux doigts contre son casque et m’a saluée d’un geste lent, presque amusé. Puis il a tourné les talons et s’est fondu dans la foule. Il avait disparu quand j’ai voulu le revoir. Pas de confrontation. Pas de poignée de main. Classique, mais je m’en fichais. J’avais fait ce que personne d’autre n’avait pu faire. Et j’avais besoin d’un verre. Le bar était planqué dans le genre d’hôtel de luxe que seul le vieil argent peut se payer — marbre au sol, ascenseurs en verre, cocktails plus chers qu’une paire de pompes. Je me suis assise à la table du coin, en petite robe noire. Mes fringues de route et le casque verrouillés dans la voiture, les yeux planqués derrière des lunettes de créateur. J’ai commandé un truc costaud, peu importe quoi. À la moitié de mon deuxième verre, ils se sont pointés — deux types. Vingt-cinq, vingt-huit ans, costumes défaits, confiance poussée à fond. Riches, clairement. L’un avait un sourire en coin sombre qui collait mal à sa détente apparente. L’autre, le genre qui n’a pas besoin d’essayer pour être charmant ; ça arrive tout seul. — On peut s’asseoir ? J’ai haussé les épaules. — C’est Vegas, non ? Ils se sont glissés dans la banquette et ont commencé à parler. Je n’écoutais pas les mots. J’avais juste besoin de bruit. Un truc pour noyer mes pensées. On a bu. Plus que de raison. Je n’ai pas demandé de prénoms. Eux non plus. Entre un fou rire et le sol qui commençait à tanguer, j’ai senti une main frôler la mienne. Chaude. Douce. Pas pressée. Juste là. Je ne l’ai pas retirée. Au contraire, j’ai attrapé sa main et je l’ai emmené sur la piste. On a dansé, mais je ne sais pas ce qui m’a pris ; peut-être l’alcool, mais je me collais à lui. Peut-être le fameux — ce qui se passe à Vegas reste à Vegas. Il était dur, je me suis retournée et je lui ai ri au nez. — Des ennuis, a-t-il soufflé en m’attrapant la main pour m’entraîner dehors. On est montés sur le toit, un hélico nous attendait. Il m’a fait monter. Le pilote n’a même pas levé les yeux. L’homme m’a embrassée ; j’ai commencé par lui enlever sa chemise. Il m’a regardée comme s’il me plaignait. Mais je continuais à me frotter à sa partie sensible pendant qu’on s’embrassait. — Je crois que mon pote a mis quelque chose dans nos verres ; j’ai juste envie là, tout de suite. — Faisons-le. Je n’en revenais pas d’entendre ma propre voix, mais je voulais qu’il me prenne. Il se glisse sur moi, cale son genou pour m’écarter les jambes, et sa main remonte ma cuisse, passe sur le tissu fin comme du papier de ma robe noire. Je me tortille sous lui, ça semble l’encourager, et je sens sa dureté heurter mon bassin. Son souffle chaud trace une ligne le long de mon cou. — Je veux être doux, mais je n’y arrive pas. Le truc est trop fort, chuchote-t-il. — Ne t'arrête pas, je t’en prie, ai-je supplié. — J'y suis presque ; tu me rends tellement dur, princesse, dit-il. On est arrivés à un hôtel ; il me tenait comme un trophée. — On se marie ? a-t-il demandé, et j’ai hoché la tête. On a acheté une bague pour homme. — Et la mienne ? ai-je demandé, et il a ri. — Dans ma chambre d’hôtel. La tienne est spéciale, dit-il, et un homme est arrivé avec des papiers et on a tous les deux signé. Je ne sais pas ce que je signais, j’ai juste signé. Chapitre 3 Je vais jouir en toi ~Katia~ — Tu sais comme j’ai dû me retenir ? Je ne répondis pas. Mon esprit était encore embrumé par tout ce qui venait de se passer. Je ressentais une étrange tension dans tout mon corps. Il me porta dans ses bras, comme une mariée, et me conduisit à sa chambre d’hôtel. — Maintenant, je peux enfin être avec toi comme je le veux, parce que tu es ma femme, princesse. La chambre était sombre. Je ressentais mille choses à la fois ; je doutais même de me souvenir de mon prénom à ce stade. Il me déposa sur le lit. Son doigt glissa sur mes lèvres avant que sa bouche ne frôle mon cou. Je frissonnai. Mon esprit oscillait entre trouble, émotion et confusion. — J’adore ton corps, ma femme. Il remonta légèrement ma robe. — Je n’arrivais plus à attendre de t’avoir près de moi. Depuis l’hélico, je ne pense qu’à ça. Je veux que tu t’en souviennes. Ses paroles me traversèrent de part en part. Je sentis la chaleur envahir mon visage. — Tu es magnifique. Je n’eus pas le temps de répondre. Tout semblait aller trop vite. Les battements de mon cœur résonnaient dans mes oreilles tandis qu’il continuait de me couvrir d’attention. — Regarde-moi, ma femme. J’essayai de parler, mais aucun mot ne vint. Le temps semblait se déformer autour de nous. Je me sentais étourdie, emportée dans un tourbillon de sensations et d’émotions contradictoires. Il retira ma robe, puis se débarrassa de ses propres vêtements. Lorsqu’il se rapprocha davantage, je retins mon souffle. Mon esprit se dispersa un instant tandis qu’il m’attirait contre lui. — Tellement parfaite, murmura-t-il. Il continua de me serrer contre lui, multipliant les gestes tendres et possessifs. Peu à peu, la confusion laissa place à une étrange sensation de sécurité. Puis il me redressa contre lui. Je m’accrochai à ses épaules tandis qu’il me maintenait près de lui. Tout semblait irréel, comme un rêve dont je n’arrivais plus à distinguer les contours. — Je vais prendre soin de toi, princesse. Sa voix était basse, presque rassurante. La nuit s’étira sans que je sois capable de mesurer le temps. Les heures s'effacèrent dans un mélange de fatigue, d’émotions et de proximité. Lorsque le sommeil finit par nous emporter, je ne savais même plus à quel moment cela était arrivé. Le matin me frappa avec un soleil cruel et un mal de tête insupportable. Je me réveillai dans une chambre que je ne reconnaissais pas. La pièce respirait le luxe et portait encore les traces d’une nuit agitée. Une odeur de parfum coûteux flottait dans l’air. Ma tête battait. Mon corps me faisait mal. J’étais nue sous les draps, emmêlée dedans comme si j’y avais été abandonnée. À côté de moi, un homme dormait. Un inconnu. La panique me saisit immédiatement. Je n’arrivais même pas à le regarder. Je ne voulais pas. Je ne voulais pas associer un visage à cette nuit dont je ne gardais presque aucun souvenir. Je me redressai trop vite et une douleur traversa le bas de mon corps. Je retins un souffle et resserrai les draps autour de moi. Tout était endolori. Mes jambes semblaient lourdes et douloureuses. Je cherchai ma robe du regard. Elle gisait sur le sol, froissée et imprégnée de fumée. Je l’enfilai en grimaçant à chaque mouvement. Mes talons reposaient près de la porte. J’avançai vers eux lentement, comme si je réapprenais à marcher. Qu’est-ce qui s’est passé hier soir ? Je me souvenais de la course. De la victoire. Du rugissement de la foule. Je me souvenais être allée boire un verre pour fêter ça. Puis un autre. Et encore un autre. Deux hommes étaient venus me parler. Leurs visages étaient flous. Après cela ? Le néant. Quelques éclats de rire. Peut-être une partie de billard. Peut-être de la tequila. Puis plus rien. Seulement les douleurs. Seulement cet inconnu. Seulement cette chambre inconnue. Je récupérai mon sac près du canapé et quittai la pièce sans me retourner. Je ne voulais pas le réveiller. Je ne voulais pas l’entendre parler. Je ne voulais pas savoir qui il était. Je rejoignis ma voiture et retournai à mon hôtel comme un fantôme. Une fois dans ma suite, je me précipitai sous la douche. L’eau chaude coula sur ma peau, mais elle ne parvenait pas à effacer le malaise qui me collait à la peau. Ma poitrine était serrée. Mes yeux brûlaient. Puis quelque chose de froid heurta ma joue. Je baissai les yeux vers ma main gauche. Mon souffle se coupa. Une bague. Je portais une bague. Ce n’était pas un simple bijou. Elle brillait. Elle semblait précieuse. Importante. Définitive. — C’est quoi ce délire ? murmurai-je. Je sortis précipitamment de la douche. Mes mains tremblaient tandis que j’examinais l’anneau. Il avait l’air authentique. Très cher. Beaucoup trop cher. Mais je ne me souvenais de rien. Ni d’une demande. Ni d’une cérémonie. Ni même d’un échange de vœux. J’enfilai des vêtements à la hâte et quittai ma chambre pour retrouver cet homme. N’importe quel indice aurait fait l’affaire. Mais je ne me rappelais rien. Aucun nom. Aucun visage. Aucune chambre. Même si je le croisais dans le hall, je serais incapable de le reconnaître. — Bordel..., murmurai-je en me tenant la tempe. Je ne me souvenais de rien.

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